Histoire de moulins
En Provence, c'est à Carpentras en 1374, qu'apparaît le premier moulin. Mais c'est Fontaine de Vaucluse qui au cours des siècles suivants, devint le lieu de production de papier le plus important , en partie en raison de la présence, non loin de là, des Papes en Avignon. Au XVIIIe siècle on pouvait compter 11 usines dans le Vaucluse, dont  4 à Fontaine-de-Vaucluse.

Le Moulin du Real
Le moulin proprement dit, a été construit sur la rivière « le Réal »   car la pente et la régularité du débit de l'eau du Réal, fournissaient l'énergie nécessaire à entraîner les pales de la roue à aube de 7 mètres de diamètre. L'«arbre à cames », actionnait les maillets, énormes marteaux en sapin de 75 kg, qui battaient les chiffons de chanvre, de coton ou de lin broyé, contenus dans la « pile » pendant 24 à 36 heures

La Pâte à papier
La pâte à papier obtenue, encore grossière, passait dans la «pile», cuve de fonte ovale dans laquelle tournait un cylindre muni de lames, qui déchiquetaient la « chiffe » pendant 3 à 4 heures.

La Fabrication de la feuille
La pâte réalisée, était ensuite diluée dans de l'eau dans une cuve à ouvrer. L'ouvreur plongeait un tamis (forme) dans la cuve afin de récupérer la pâte nécessaire à la fabrication d'une feuille. L'eau s'égouttait, les fibres se liaient, donnant une feuille. La feuille était ensuite couchée par le coucheur sur un feutre de laine. Chaque feuille couchée était séparée de la suivante par un feutre. Toutes les feuilles étaient ensuite mises sous presse, pour que l'eau s'évacue, et que les fibres se solidarisent.

Le Séchage des Feuilles
Les feuilles étaient levées et étendues sur des cordes par le leveur à l'aide d'un frelet (T en bois), dans l'étendoir qui est la partie haute et ventilée du bâtiment (les multiples ouvertures sont encore visibles, mais ont été bouchées depuis). La durée de séchage était conditionnée par l’importance du nombre d’ouvertures et le temps extérieur.

Les Moulins à Tan
Le moulin à tan pulvérisait les écorces de chêne pour en obtenir une poudre riche en tanin utilisée pour rendre les peaux imputrescibles et imperméables à l’eau, tout en conservant leur souplesse. Le tanin ainsi obtenu au Domaine, était ensuite acheminé jusqu’aux tanneries de Barjoles.